14 juillet 2016

Barroso chez Goldman Sachs : un scandale révélateur !

Goldman Sachs est une banque d'investissement créée en 1869L’embauche de l’ancien président de la commission européenne, José Manuel Durão Barroso, par la banque Goldman-Sachs a suscité l'indignation de la classe politique en France et en Europe. 

Mais ce qui est surtout étonnant, c’est l’étonnement des responsables politiques nationaux et européens car la collusion des grandes banques d’affaires et des institutions européennes ne date pas d’hier... 
 

Plutôt que de trouver cette embauche inacceptable comme l’ont dit François Hollande dans sa déclaration publique du 14 juillet, le 1er ministre Manuel Valls, Harlem Désir, secrétaire d’Etat chargé des affaires étrangères, etc., il eut mieux fallu considérer que si l’Union européenne devait être indépendante de la finance, un mur devait être dressé pour empêcher cela.

Barroso est représentatif et en un sens exemplaire de l’idéologie de l’Union européenne, notamment en matière de dérégulation financière. En fait, dès le début des années 1990, mais plus intensément sous la présidence de Manuel Barroso, la commission européenne s’est progressivement transformée en « meilleure élève » de la mondialisation avec des conséquences désastreuses pour les salariés. On peut le constater aujourd’hui avec les négociations des traités CETA et TAFTA que l’UE continue de mener dans la plus totale opacité. 
Un gouvernement Goldman Sachs aux commandes de l’Europe   
La banque Goldman Sachs est surnommée aux Etats-Unis « government Sachs » tant elle est influente sur le gouvernement américain. Le secrétaire au Trésor de Clinton, Robert Rubin, qui procéda à la dérégulation financière, venait de Goldman Sachs. Tout comme le secrétaire au Trésor de Bush, Hank Paulson, qui transféra aux Etats les dettes pourries des banques, lors de la crise financière. 

Goldman Sachs est au cœur de la prédation financière en étant impliquée dans de nombreux scandales financiers : celui des « subprimes », celui de la tromperie de ses clients à qui elle recommandait d’acheter des produits financiers sur lesquels elle spéculait à la baisse. Celui également du maquillage des comptes grecs qui a résulté principalement de la levée de fonds hors bilan par le biais d’instruments financiers mis au point par la banque qui a perçu 600 millions d’euros à cette occasion. 

La nomination de Barroso au sein de Goldman Sachs clarifie donc d’une certaine façon les choses sur la réalité de l’Europe et des institutions européennes. La politique de la BCE notamment défend non pas l’intérêt des citoyens et contribuables européens, mais l’intérêt des banques privées.

Le «sauvetage» de la Grèce a été une gigantesque opération de socialisation des pertes du système bancaire. Il s’agissait de transférer l’essentiel de la dette grecque - mais aussi espagnole et irlandaise - des mains des banquiers vers celles des contribuables et ensuite de faire assumer les frais de l’inévitable restructuration de ces dettes par les budgets publics européens. Comme le disent les Indignés espagnols, « ce n’est pas une crise, c’est une escroquerie ! ». 

Une étude britannique citée par le journal Les Echos a eu le mérite de quantifier que grâce aux « plans de sauvetage » de la Grèce et au mécanisme européen de stabilité financière mis en place par la BCE, le FMI et l’UE, l’exposition de chaque foyer de la zone euro est passée de 535 € à 1.450 € ! 

Mais l’UE préfère recruter des banquiers comme pompiers de l’Europe. Ainsi, le 1er novembre 2011, Mario Draghi, vice-président pour l'Europe de la banque d’affaires Goldman Sachs entre 2002 et 2005, puis gouverneur de la banque d'Italie entre 2006 et 2011, est devenu président de la Banque Centrale Européenne (BCE).

Ainsi, le 27 juin 2014, les dirigeants européens, avec l’aval de François Hollande qui n’a pas osé mettre son veto, ont choisi l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, un des champions du secret bancaire en Europe, pour être le nouveau président de la Commission européenne. Or, le Luxembourg est un paradis fiscal au sein même de l’Europe. Jean-Claude Juncker a été personnellement mis en cause dans l'affaire Luxleaks qui a révélé, de manière détaillée, l'organisation de l'exil fiscal de plus de 1 000 entreprises avec l'approbation de l'administration luxembourgeoise des impôts.

La nomination de ces deux derniers personnages et celle de Manuel Barroso à la tête de la commission européenne du 22/11/2004 au 31/10/2014, n’est sans doute pas étrangère au manque de volonté de lutter efficacement contre la finance et les paradis fiscaux au sein même de l’Europe. C'est une grave anomalie démocratique à l'heure où il est nécessaire d'incarner une rupture pour redonner aux citoyens le goût de l’Europe et de la politique...  

 
Photo Creative commons par Yahoo Images 

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