25 avril 2017

Emmanuel Macron qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle : chapeau Hollande !

Après avoir démissionné de ses fonctions de Ministre de l’Economie, lancé son mouvement " En marche " puis présenté sa candidature à la présidence de la République, Emmanuel Macron est aujourd’hui qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle.

Il est le favori des sondages pour le deuxième tour tant ses soutiens sont nombreux et variés. Dans ce contexte, on ne peut que relever le tour de force réalisé par François Hollande qui, à défaut de se présenter lui-même, a réussi à imposer son candidat...


 
On se souvient que tous les médias, presse écrite et chaînes d’infos ainsi que Les Républicains et le PS avaient présenté la démission d’Emmanuel Macron en tant que ministre de l’économie comme un coup de poignard dans le dos du président de la République. Lorsqu’il a déclaré sa candidature à la présidence de la République, ces mêmes médias ont présenté cette initiative comme un second coup de poignard dans le dos de François Hollande.

Mais c’était mal connaître l'art du double langage et les contorsions politiques de François Hollande car les diverses initiatives d’Emmanuel Macron ont sans doute été prises avec l’aval du président de la République.

Quelques rappels

Alors à Sciences Po, Emmanuel Macron effectue un stage au cabinet de Georges Sarre, maire du 11ème arrondissement de Paris. Membre du PS à partir de l'âge de 24 ans, il collabore également à la fondation Jean-Jaurès.

Il rencontre François Hollande en 2006, par l'intermédiaire de Jean-Pierre Jouyet, et s'engage à ses côtés. Lors de l'élection présidentielle de 2007, il fait partie du groupe les Gracques, composé d’anciens patrons et de hauts fonctionnaires, qui appelle à une alliance entre Ségolène Royal et François Bayrou.

Il soutient François Hollande lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011 et ce avant l'affaire du Sofitel, alors que Dominique Strauss-Kahn était en tête des sondages. De juillet à décembre 2011, il anime un cénacle d'experts et d'économistes, le groupe de la Rotonde, composé des économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Élie Cohen, qui fait un rapport tous les 15 jours au candidat. Ce groupe prône notamment « un véritable choc de compétitivité ».

Le 15 mai 2012, Emmanuel Macron devient secrétaire général adjoint de l'Élysée. En secondant le secrétaire général, Pierre-René Lemas, il sera notamment à l'origine du pacte de responsabilité et de solidarité et du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi. Il contribue par ailleurs au choix de l'Élysée de ne pas légiférer sur les salaires des patrons et de privilégier seulement un code de bonne conduite.

Le 10 juin 2014, l’Élysée annonce qu'il quitte le cabinet de François Hollande. Le secrétaire général de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet, indique alors qu’Emmanuel Macron s'en va « pour mener des projets personnels dans les domaines de l’enseignement et de la recherche ».

Mais le 26 août 2014, il est nommé ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls II, en remplacement d'Arnaud Montebourg. Devenant ainsi le plus jeune ministre de l’Économie depuis Valéry Giscard d'Estaing dans le premier gouvernement de Georges Pompidou en 1962, il est qualifié par certains médias et acteurs politiques " d'anti-Montebourg " et de " symbole " d'un virage social-libéral de l'exécutif. 

Avec un tel curriculum vitae, il faudrait donc croire que le petit protégé de François Hollande, deloriste bon teint comme lui, aurait trahi son tuteur en donnant sa démission de ministre de l'économie, en créant son mouvement " En marche " puis en annonçant le 16 novembre dernier sa candidature à l'élection présidentielle de 2017 ! 

La fausse piste de la primaire socialiste

Plusieurs mois avant la tenue de cette primaire qui a vu la victoire de Benoît Hamon, un débat, passé un peu inaperçu, avait eu lieu à gauche. Dans un premier temps, l’exécutif gouvernemental et le PS se montraient réservés, voire opposés à l’idée d’une primaire, le président sortant, candidat naturel de la gauche, ne pouvant s’abaisser à passer par la case primaire.

Peu de temps après,  on assistait à un changement complet de pied de la part de Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS, et de Manuel Valls, Premier ministre. Avec sans doute l’accord préalable de François Hollande, l'organisation d’une primaire du PS et de ses alliés radicaux de gauche et Verts pro-gouvernementaux, pour désigner le candidat de la gauche avait désormais toutes les vertus.

Que s’est-il passé entre ces deux épisodes ? Les sondages confirmant une dégringolade dans les intentions de vote, la chute de popularité de François Hollande était telle qu’elle le mettait dans l’impossibilité de se présenter avec ou sans primaire. François Hollande savait très bien alors qu’il n’avait aucune chance d’atteindre le deuxième tour de l’élection. Certains sondages indiquaient même qu’au premier tour, Jean-Luc Mélenchon pourrait dépasser François Hollande, ce dernier arrivant alors quatrième position (12 à 15 % de suffrages seulement), derrière Marine Le Pen, le candidat de droite et Jean-Luc Mélenchon.

Dans ces conditions, une seule alternative s’offrait donc à lui : renoncer à être candidat comme le suggérait d’ailleurs certains de ses proches et trouver un autre candidat en imaginant une stratégie originale. A la mi-décembre, François Hollande  faisait officiellement le choix historique de ne pas se représenter pour un second mandat mais sa décision était prise en fait depuis l’été 2016 et communiquée sans doute à Emmanuel Macron qui a  démissionné de son poste de ministre de l’économie à ce moment-là.

Que s’est-il passé ensuite ? Après s’être déclaré candidat officiel à la présidence de la République, Emmanuel Macron s’est lancé dans la campagne présidentielle avec le secret espoir de capter une partie des électeurs potentiels du centre et de la droite et avec l'aide de nombreuses personnalités socialistes.

C'est ainsi que dans les semaines qui ont précédé le premier tour, les proches de François Hollande ont appelé à voter Emmanuel Macron : ses amis de jeunesse au Parti socialiste Jean-Pierre Mignard et Jean-Yves Le Drian, le président de l'assemblée nationale Claude Bartelone, l'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë, l'ancien premier ministre Manuel Valls, l'ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali, sans compter la plupart des ministres du gouvernement et des parlementaires socialistes.

Dans les derniers jours précédant le premier tour, François Hollande lui-même a tenu à décrédibiliser par ses nombreux commentaires publics, les trois principaux concurrents d’Emmanuel Macron, susceptibles de se qualifier pour le second tour, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon.

Le 23 avril, Emmanuel Macron arrivait en tête du premier tour.

Le 24 avril, François Hollande appelait officiellement à voter Emmanuel Macron.

Ce même 24 avril, le PS faisait de même...

Chapeau l’artiste !
 

 

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2 avril 2017

Autopsie d'un quinquennat 2012-2017

Le quinquennat de François Hollande s'achève. Il aura été marqué par un refus d’engager de véritables réformes dans plusieurs domaines essentiels et sur fond de nombreux revirements et maladresses en tout genre. Entre un chômage de masse installé, une fiscalité injuste, un colossal millefeuille administratif, une politique environnementale édulcorée, un européisme béat et une ouverture des frontières à une mondialisation sauvage, le président de la République n'a pas été au rendez-vous du vrai changement.

Finalement, tirant les leçons de son impopularité dans l’opinion, François Hollande annonçait, le 2 décembre 2016, sa décision de ne pas solliciter un second mandat présidentiel. Une situation unique depuis le début de la 5ème République en 1958 !

25 mars 2017

60ème anniversaire du traité de Rome : toujours le même discours...

Le 25 mars 2017 était célébré le 60ème anniversaire de la signature du traité de Rome donnant naissance à la communauté économique européenne (CEE), devenue l’Union européenne (UE) le 1er novembre 1993.
 
A cette occasion, les chefs d’Etat, réunis  dans la capitale italienne pour rappeler leur vision commune du projet européen, se sont montrés globalement satisfaits du bilan. En fait, c’est toujours le même message angélique qui est délivré depuis 1957 mais ce 60ème anniversaire devrait être plutôt un jour de deuil européen, tant les méfaits de ce système sont désormais évidents, le « cas » grec en étant une preuve tragique...

20 mars 2017

La plus grande nappe phréatique d’Europe en Alsace menacée par des déchets hautement toxiques

Dans le Haut-Rhin, à 500 mètres sous terre, des galeries s’effondrent lentement sur les 44 000 tonnes de déchets hautement toxiques du centre de stockage Stocamine.
 
Les habitants se mobilisent pour que ces rebuts soient extraits avant qu’ils ne contaminent la plus grande nappe phréatique d’Europe mais les pouvoirs publics pourraient prochainement autoriser leur ensevelissement définitif... 

6 mars 2017

Le drame paysan, grand absent du salon de l’agriculture...

Le 54ème salon International de l’Agriculture, qui vient de s’achever porte de Versailles, a vu le passage de la plupart des candidats à la prochaine élection présidentielle des 23 avril et 7 mai prochains.

Mais si le salon a tenu lieu d’arène politique aux différents postulants, la crise agricole et les nombreux suicides de paysans qu’elle entraîne n’ont pas pour autant été au cœur des débats…

16 février 2017

Le CETA contre l'emploi, l'agriculture et l'environnement

Le Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg, s'est prononcé en faveur de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA), objet d'une vive contestation. 
 
Le texte devra encore être ratifié par l'ensemble des parlements nationaux et régionaux de l'UE mais curieusement 90 % de ce traité entrera en application provisoire à partir du 1er mars, sans approbation des Parlements des États membres…