20 mars 2017

La plus grande nappe phréatique d’Europe en Alsace menacée par des déchets hautement toxiques

Dans le Haut-Rhin, à 500 mètres sous terre, des galeries s’effondrent lentement sur les 44 000 tonnes de déchets hautement toxiques du centre de stockage Stocamine.
 
Les habitants se mobilisent pour que ces rebuts soient extraits avant qu’ils ne contaminent la plus grande nappe phréatique d’Europe mais les pouvoirs publics pourraient prochainement autoriser leur ensevelissement définitif... 

 
Sous plusieurs centaines de mètres de marnes et de sel, des mineurs revêtus d’épaisses combinaisons blanches, visages dissimulés sous des masques filtrants, arpentent sans trêve les quelque cent kilomètres de galeries où dorment arsenic, amiante, cyanure et mercure. 44 000 tonnes de ces déchets industriels dits ultimes, impossibles à recycler et d’une extrême dangerosité, sont entreposées dans un centre de stockage unique en France, Stocamine .
Creusé dans les anciennes mines de potasse Joseph-Else, à Wittelsheim (Haut-Rhin), le centre est fermé depuis septembre 2003. Mais sa liquidation définitive se révèle un véritable casse-tête environnemental : faut-il extraire tous les sacs (appelés big bags) et fûts de déchets avant de condamner le site, ou peut-on enfouir ces rebuts toxiques 500 mètres sous terre ?
Actuellement, le chantier se déroule selon les ordres de la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, qui sont d’extraire 93 % des déchets mercuriels et de confiner le reste (soit 42 000 tonnes de déchets) à l’aide de barrages en béton. Mais lors de la dernière enquête publique, organisée du 7 novembre au 15 décembre 2016, seules trois personnes parmi les 297 qui ont participé à l’enquête se sont montrées favorables à l’enfouissement. Les neuf communes riveraines y sont opposées, de même que le conseil départemental, le conseil régional et les députés et sénateurs locaux.
Pourtant, le 26 janvier dernier, la mission d’enquête a rendu un avis favorable à l’ensevelissement définitif des rebuts, moyennant plusieurs conditions (retrait des déchets les plus polluants, mise en place d’un système de surveillance, etc.). Mais selon Jean-Paul Omeyer, conseiller régional du Grand-Est et membre de la commission de suivi de site de Stocamine CSS), « on voit très clairement dans les commentaires des commissaires-enquêteurs que ce dossier pose question. Ils dénoncent, je cite, des promesses fallacieuses, des engagements non tenus, des fautes techniques indiscutables et une très longue inaction dommageable. Et ils indiquent que le déstockage doit être accéléré et concerner tous les déchets comportant des fractions solubles, pas seulement les déchets mercuriels ».
La décision définitive du préfet, qui est attendue prochainement, devrait aller « dans le sens d’enfouir les déchets », redoute Yann Flory, porte-parole du collectif Destocamine. Ce collectif formé en 2010 réunit quatorze associations et organisations syndicales fermement opposées à l’enfouissement. Principal argument : les déchets risquent de contaminer la plus grande nappe phréatique d’Europe. Comment ? « De l’eau va s’infiltrer dans les galeries, se mélanger aux déchets toxiques et envahir toute la mine. Ensuite, cette eau polluée va remonter jusqu’à la nappe phréatique située au-dessus », prédit Étienne Chamik, mineur retraité à qui trente-deux années de fond ont conféré une connaissance intime du site.
La société Mines de potasse d’Alsace (MDPA), dont l’État est propriétaire, reconnaît que l’ennoiement de la mine est inévitable, mais balaie l’argument. « Dix-neuf barrages seront construits en ceinture tout autour du stockage de déchets pour retarder de plus de mille ans la sortie de la saumure polluée », assure-t-elle dans sa lettre d’information de novembre 2016. Pour Étienne Chamick, ça ne tient pas : « Tout le monde admet qu’il y aura pollution tôt au tard. Que vont dire de nous les générations futures ? Je ne comprends pas pourquoi l’on ne prend pas une décision de bon sens, tout sortir et être tranquille pour toujours ! »
Au-delà de ce risque environnemental, les opposants dénoncent une présentation mensongère du projet. En effet, en février 1997, un arrêté préfectoral limitait la durée du stockage à trente ans et introduisait la notion de réversibilité, c’est-à-dire de retrait des déchets en cas de problème. Seulement, très vite, cette promesse s’est révélée fallacieuse. Selon Étienne Chamik « Notre mine ne se prêtait pas au stockage, car elle est creusée dans des terrains friables, sédimentaires. J’ai tout de suite dit que les galeries ne tiendraient pas. Mais les promoteurs assuraient le contraire, qu’on pourrait sortir tous les déchets les doigts dans le nez pendant cent, voire mille ans. Résultat, aujourd’hui, au bout de même pas dix-huit ans, les cavités se cassent la gueule sur les sacs de déchets. »
Un membre de la CFDT (Confédération française démocratique du travail) qui souhaite rester anonyme abonde dans ce sens : « Au début, quand nous stockions les déchets, nous laissions de l’espace sur les côtés pour la réversibilité. Mais, au bout d’un moment, on nous a fait empiler les « big bags » sur toute la hauteur de la galerie, et nous avons bien vu que cela rendrait le déstockage très difficile. Nous avons compris que l’objectif du centre était l’enfouissement définitif des déchets et nous l’avons ressenti comme une trahison. »
Autre explication de la défiance de la population à l’égard du site Stocamine, c’est l’incendie de septembre 2002 dans le bloc 15. Il a fallu plus de deux mois pour éteindre le brasier. Une enquête a révélé que ce départ de feu avait été causé par 472 sacs non autorisés de résidus d’engrais hautement inflammables. Le directeur de l’époque, Patrice Dadaux, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et la société a dû verser 50 000 euros d’amende.
Aujourd’hui, les opposants n’entendent pas baisser les bras et réfléchissent aux recours possibles si le préfet se déclarait finalement favorable à l’enfouissement. Pour le moment, tant que les puits et les galeries de Stocamine ne sont pas remblayés, le combat continue…
 

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6 mars 2017

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Le 54ème salon International de l’Agriculture, qui vient de s’achever porte de Versailles, a vu le passage de la plupart des candidats à la prochaine élection présidentielle des 23 avril et 7 mai prochains.

Mais si le salon a tenu lieu d’arène politique aux différents postulants, la crise agricole et les nombreux suicides de paysans qu’elle entraîne n’ont pas pour autant été au cœur des débats…

16 février 2017

Le CETA contre l'emploi, l'agriculture et l'environnement

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Le texte devra encore être ratifié par l'ensemble des parlements nationaux et régionaux de l'UE mais curieusement 90 % de ce traité entrera en application provisoire à partir du 1er mars, sans approbation des Parlements des États membres…

10 février 2017

L’obscure clarté de François Fillon...

Le Canard enchaîné a révélé les faramineux salaires versés par François Fillon à son épouse grâce à l'enveloppe parlementaire (plus de 9 000 euros mensuels) que chaque député peut utiliser à sa guise sans aucun contrôle.

L'austérité imposée par François Fillon quand il était Premier ministre de Nicolas Sarkozy, l'austérité dans son programme, décidément c'est pour les autres, pas pour lui-même ni pour sa femme ni pour ses enfants...

26 janvier 2017

La réforme fiscale, grande absente du débat de la primaire socialiste…


La réforme de la fiscalité était sans doute la reforme essentielle à faire dès le début du quinquennat car les modalités de calcul de l'impôt sur le revenu sont particulièrement injustes, de même que les impôts locaux ou indirects. Oubliant sa promesse initiale, François Hollande a fait croire qu'il réformait la fiscalité en misant surtout sur la déclaration par internet si le revenu fiscal de référence est supérieur à 40 000 euros et la retenue à la source par la suite mais en réalité, aucune réforme de fond n'a été mise en chantier.

Et curieusement encore aujourd'hui, la fiscalité des ménages est la grande absente du débat de la primaire socialiste depuis plusieurs semaines. Même les deux finalistes, Manuel Valls et Benoît Hamon, n’ont jamais abordé ce thème alors que c'est pratiquement le seul moyen concret pour réduire les inégalités sociales… 

1 janvier 2017

Retour sur 2016 et bonne année 2017

L’année 2016 qui s’achève a vu la fin d’un long suspense. En annonçant sa décision de ne pas se représenter en 2017 pour un second mandat, François Hollande est entré malgré lui dans l’histoire de la 5ème République en étant le seul président depuis 1958 à avoir renoncé à une possible réélection.

Dernière année pleine du quinquennat, l'année 2016 n'aura pas fait exemption à la règle hollandaise. D'un côté quelques réformes sociétales par-ci par-là et de l’autre l’absence de vraies réformes économiques et sociales, voire le vote de « réformes » que la droite n’avait pas osé faire jusqu’alors, le tout sur une valse de premiers ministres, ministres et secrétaires d’état successifs...

23 décembre 2016

Christine Lagarde : responsable mais pas coupable...

Christine Lagarde a été mis en examen en juillet 2014 à propos de l’affaire Tapie - Crédit lyonnais et renvoyée devant la Cour de justice de la République le 17 décembre 2015, pour « négligence d’une personne dépositaire de l’autorité publique ».
 
Le 19 décembre 2016, le verdict tombait : Christine Lagarde est condamnée mais dispensée de peine. Un jugement qui fait polémique et le sentiment qu’il y a deux poids deux mesures selon que l’on est puissant ou misérable. Un verdict toutefois qui n’est pas surprenant de la part d’une cour d’exemption qui a toujours été clémente envers les personnalités politiques jugées…