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Bienvenue sur cette page consacrée au souvenir de quelques personnalités politiques, journalistiques, syndicales, scientifiques, notamment Pierre Mendès France pour sa clairvoyance politique et ses doutes, dès 1957, d'un marché commun où les pouvoirs de la démocratie sont délégués à une autorité extérieure non élue et son hostilité constante aux institutions de la 5ème République, voulues en 1958  par le Général de Gaulle et conservées par François Mitterrand et François Hollande...
Bonne lecture à toutes et à tous,

Albert, blogmestre



(articles classés du plus récent au plus ancien) 




Le 9 juillet 1936, Pierre Mendès France faisait déjà entendre une autre voix. La gauche (PCF compris) s'abstenant lors du vote à propos de la participation française aux Jeux olympiques de Berlin, organisés par le régime nazi, PMF est le seul député de gauche à voter contre, soutenant ainsi les Olympiades populaires organisées par le Front populaire espagnol.

PMF élabore ensuite avec le directeur de cabinet de Léon Blum, Georges Boris, un projet de réforme économique audacieux, axé sur le contrôle des actifs et sur le soutien à l'investissement dont l'exposé des motifs se réclame pour la première fois en France de préceptes keynésiens.

En décembre 1936, PMF organise les premières élections au suffrage universel complet (avec les femmes) à Louviers dans l’Eure où il était maire. Six conseillères adjointes furent élues, jusqu’à ce que Vichy mette brutalement fin à l’expérience. Il faudra attendre huit ans pour que les femmes puissent finalement voter. 

En 1953, après une première tentative infructueuse pour former un gouvernement, PMF est finalement investi président du Conseil avec une forte majorité le 18 juin 1954, quelques semaines après la défaite française à la bataille de Dien Bien Phu, pour faire la paix en Indochine. Il ne dirigera le Gouvernement que pendant sept mois et demi, mais son passage aux affaires sera l'un des temps forts de l'histoire institutionnelle de la quatrième République.

Le 18 janvier 1957, quelques mois avant la signature des traités de Rome (Euratom et CEE), PMF exprime devant l'Assemblée nationale ses doutes sur un marché commun où les pouvoirs de la démocratie sont délégués à une autorité extérieure :  


" Le projet du marché commun, tel qu’il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du XIXe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. [...]  L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique, au sens le plus large du mot, nationale et internationale ".


En 1958, opposé aux conditions dans lesquelles de Gaulle prend le pouvoir, il mène vigoureusement campagne pour le Non au référendum du 28 septembre 1958, qui se soldera malheureusement par l'adoption du projet et la rapide promulgation de la Constitution du 4 octobre 1958. Ces mêmes institutions qui le conduiront dans la seconde partie de sa vie, à un certain retrait de la vie politique.

Toute sa vie, Pierre Mendes-France aura toujours considéré que la question institutionnelle était partie intégrante de la question sociale :  

" Je mets au défi quelque homme politique que ce soit d'entreprendre demain une authentique démocratisation de l'enseignement, de modifier la répartition du revenu national au profit des classes défavorisées, d'assurer le contrôle par la puissance publique des positions dominantes de l'économie, d'assurer désormais le respect des libertés fondamentales et des droits de l'Homme (...) si les problèmes institutionnels n'ont pas reçu d'abord une solution correcte. Autrement dit, si l'on n'a pas fait choix des leviers qu'il conviendra d'employer ".  

Dans son livre (La République Moderne, 1962), il indiquera : 

" La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l'encontre de l'inégalité, de l'oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu'il reste des progrès à accomplir. "

« La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une urne, à déléguer les pouvoirs à plusieurs élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans, elle est action continuelle du citoyen… Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernements, les corps organisés et les élus en butte aux pressions de toute sorte de groupes cèdent bientôt soit aux tentations de l’arbitraire, soit à la tentation de la routine et aux droits acquis. La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et tout le temps »

Dommage que ça se perde dans les mémoires tout ça…























    

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