21 août 2013

Désormais, les enfants grecs trinquent aussi…

enfant grec
Après le choix de la monnaie unique à tout prix fait par la Commission de Bruxelles, la BCE et le FMI, c’est toute la population grecque qui a été prise en otage. Aujourd’hui, la crise touche désormais les enfants qui payent eux aussi la note pour que l’euro puisse survivre. 

Et comme au bon vieux temps de l’Union Soviétique, les médias européens et grecs ne parlent surtout pas de cette nouvelle tragédie…


Les dernières coupes budgétaires pour obtenir le déblocage d’une nouvelle tranche d’aide financière des trois institutions ont provoqué la colère des Grecs car le renflouement mis en œuvre par l'UE repart majoritairement vers l'Union, vers les banques, pour éponger la dette et les nouveaux taux d’intérêt. Ainsi les banques encaissent encore des intérêts copieux et les créances sont à la charge des contribuables. 

En trois ans au total, sur 206,9 milliards d'euros effectivement versés, 58 milliards ont servi à recapitaliser les banques grecques, 101 milliards sont allés dans les poches des créanciers de l'Etat grec. Dans cette catégorie, on trouve à la fois les représentants de l'oligarchie du pays et des fonds spéculatifs. Seuls 43,7 milliards ont atterri dans les caisses du budget de l'Etat. sans que l'on sache vraiment à quoi ils ont été affectés, hormis les 10 milliards consacrés à l'armée... Il n’y a donc pas d’argent pour les réformes structurelles !

L’Etat-providence grec s’atrophie et toute une génération voit ses attentes, ses revenus et sa qualité de vie rétrogradés. Cette même génération, qui avait pris l’habitude d’accéder à des crédits pas chers après l’entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001, s’efforce maintenant d’apprendre à vivre avec bien moins.

Dans le secteur privé, les salaires ont diminué de plus de 30% depuis 2010, de 22% pour le salaire minimum mensuel et de 32% pour les salaires des moins de 25 ans ! Pourtant, les prix ont été maintenus à des niveaux élevés par le manque de concurrence, les comportements oligarchiques et la hausse des taxes.

Le taux de chômage devrait dépasser les 26% en 2014, selon la Banque de Grèce, voire les 31% selon l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale, un centre de recherche allemand. Si ces prévisions sont justes, on dépassera donc les 24% atteints au pire moment de la grande dépression américaine !

Plus de 60% des chômeurs grecs sont sans travail depuis plus d’un an. Le chômage des jeunes, qui pointe à 55%, est déjà supérieur à celui de la plupart des pays ayant des taux similaires de participation au marché du travail.

En attendant de voir la lumière au bout d’un tunnel malheureusement sans fin, des pères de famille s’immolent devant les banques car celles-ci n’acceptent pas une prolongation des délais de remboursement des prêts consentis initialement. Ces trois dernières années, les statistiques concernant les suicides et les maladies mentales ont fortement augmenté.

Des familles entières se trouvent ainsi à la rue, ne pouvant plus payer leur loyer. Comment en effet peut-on vivre avec 300 à 500 euros qui est la tranche moyenne mensuelle des salaires d’une famille grecque ?

La famine commence à toucher une partie de la population qui n’a plus aucune réserve financière. Pendant la nuit, de nombreuses personnes, âgées pour la plupart, sortent pour ne pas être vues et recherchent dans les poubelles des voisins s’il ne reste pas quelque chose à manger…D’autres attendent sagement la fin des marchés dans les villages pour pouvoir ramasser les fruits et légumes périmés…

Selon les services de santé publique, les niveaux de sécurité alimentaire du pays sont désormais en dessous de ceux de certains pays africains...

La crise fait maintenant de nouvelles victimes

Les enfants aussi sont nombreux à piocher dans les poubelles pour tenter de trouver un peu de nourriture. Et certains parents ont décidé de les abandonner dans des orphelinats puisque c'est pour eux le seul moyen qu'ils puissent manger à leur faim. 

Les établissements comme celui d'Athènes voient ainsi des enfants abandonnés pour des raisons économiques. Un organisme de la ville estime qu'ils sont plusieurs centaines concernées par ce problème alimentaire. La majorité des enfants ont été déposés par les familles qui ne peuvent plus subvenir à leur besoin. Certains arrivent avec un état de santé dégradé et n'arrivent plus à parler.

La majorité des familles aux abois continuent naturellement d’envoyer leurs enfants à l’école mais comment un enfant peut-il étudier le ventre vide ? Comment peut-il mémoriser sans peine alors que son organisme est très affaibli ?

Pendant l’année scolaire, des enfants se sont évanouis car n’ayant plus correctement mangé depuis plusieurs mois. Pour la plupart d’entre eux, au bout du rouleau, ils n’ont plus la force de lutter… Certains même tombent au sol pendant les récréations, quelques-uns se sont même suicidés !

Dans la région d’Athènes, on a compté plus de 2500 enfants qui se sont évanouis lors des cours. A Thessalonique, deuxième ville grecque,  plus de 600 enfants se sont retrouvés dans un état lamentable, ceux-ci n’ayant plus eu de petit déjeuner avant d’aller à l’école depuis des mois.

Devant cette situation, l’état grec prévoit dans chaque école une distribution de soupe populaire afin de donner un minimum aux enfants. Plus de 300 établissements scolaires ont déjà prévu une distribution de soupe !

Certains professeurs des écoles qui ont encore des salaires de l’ordre de 600 à 800 euros par mois, essayent d’acheter des compléments de nourriture (pâtes et pain principalement) pour leurs élèves. A l’heure actuelle, ils estiment qu’il y a 25% des enfants qui ne sont plus nourris correctement depuis des mois, les enfants étrangers étant les plus atteints par la crise.

Et de surcroît, ne pouvant plus régler leurs dépenses de chauffage, plusieurs écoles, surtout celles du Nord, ne seront plus chauffées. Quand on sait que 43 % des communes grecques sont situées au-dessus des 800 mètres d'altitude où la température peut descendre jusqu’à - 20° l’hiver, alors cela devient dramatique pour les enfants.

Pour couronner le tout, les écoles publiques ne reçoivent plus de manuel scolaire. L’Etat ayant accumulé d’énormes dettes auprès des maisons d’édition, les livraisons ne sont plus effectuées. Les élèves reçoivent désormais des CD et leurs parents doivent acheter des ordinateurs pour leur permettre de suivre les cours.

Voila donc ce qui se passe dans un pays qu’on laisse volontairement dans un délabrement total pour ne pas mettre la zone euro en danger alors que la Grèce aurait besoin de sortir de l’euro et de dévaluer sa monnaie pour faire respirer puis repartir son économie.

Cette situation devrait pourtant alerter tous les pays de la vieille Europe car on ne peut accepter de voir des enfants mourir à cause de coupes budgétaires dans les dépenses sociales pour réduire une dette qui s’apparente de plus en plus à un génocide financier. Mais il y a peu d’espoir que les européistes béats, Angela Merkel et François Hollande en tête, proposent aux Grecs autre chose que le menu servi par les représentants de la troïka…


Cet article publié sur AgoraVox a été repris par Yahoo France Actualités et vous pourrez prochainement le lire sur : http://fr.news.yahoo.com/archive/



6 commentaires:

BA a dit…


Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

- « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

- « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

- « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

- « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

- « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

- « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

- « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)

etrange a dit…

Quel symbole, tout de meme, que de voir la Grèce mère de la démocratie et berceau de la civilisation européenne, sombrer la première à cause de la création de cette UE, cette monstresse servant de comptoir marchand US, impitoyable et destructrice des peuples et des nations...Au prochain !

Saul a dit…



Si elle sort de la zone euro, la Grèce, comme l’Argentine début 2002, aura besoin de se mettre en défaut sur sa dette extérieure qui sera impayable avec une nouvelle monnaie fortement dévaluée. Le château de cartes de l’euro devrait s’écrouler devant un tel événement qui semble inévitable même si tout est fait pour retarder sa survenue. Quand ce défaut interviendra il coûtera d’autant plus cher aux créanciers publics et privés de la Grèce, dont la France qui aura des dizaines de milliards d’euros de perte, qu’ils auront continué de prêter de l’argent à un pays insolvable pour le maintenir à tout prix dans l’euro, alors qu’il fallait constater sa faillite dès le début, le sortir de l’euro, et mettre un terme à l’expérience de la monnaie unique en essayant de limiter la casse. L’euro, en effet, n’est pas viable. Certains économistes imminents dont Milton Friedman le savaient déjà en 1998. Voir le lien ci-dessous pour rappel de son argumentation :

http://www.contrepoints.org/2012/07...

Pierrot1 a dit…



Oui cette Europe qui devait nous apporter monts et merveille , le bien être pour chacune et chacun d’entre nous.

Cette Europe n’a fait que nous apporter la misère et la ruine des peuples qu’elle englobe , mais pas pour rien , non...

Cette Europe faite pour le plus grand bonheur de nos grandes entreprises , usines , etc... n’a su que détruire les emplois en emporter nos usines , nos entreprises , etc... ne laissant dans chaque pays qu’elle touche que , misère , désarrois , divorces , endettements et suicides.

Puis pour bien faire les choses , la mondialisation... cette mondialisation qui nous donne le coup de grâce.

Pourquoi ne créerions-nous pas un mouvement , une association , enfin quelque chose contre cette Europe pourrie et corrompue , nous pourrions ainsi dénoncer tout ce qui ne va plus.

Rassurez-vous je ne suis pas un révolutionnaire , tout ceci peut se faire sans violence.

Alors osons , unissons-nous donnons-nous la main , toutes et tous ensembles dénonçons ce carnage impitoyable.

Donnons-nous la main non seulement en France , mais également avec les populations de tous ces pays détruits et ruinés par l’ Union Européenne.

Pour en savoir plus sur qui je suis si ça peut vous rassurer , vous pouvez me retrouver ici : http://notresesame.forumgratuit.org/ , vous m’y reconnaitrez sous le pseudo Pierrot1

A bientôt. smiley

Pilou camomille a dit…



Dénoncer, alerter... , vous pensez avoir affaire à des philanthropes ?

Tous les gouvernements des 28 pays sont des européistes pur jus, ils font ce que la Troïka leur dit de faire, vous en attendez quoi ?

Il faut sortir de l’ UE, de l’euro et de l’ OTAN par l’article 50, au plus vite, puis faire un referendum sur la dette, et refuser de tout rembourser, comme l’a fait l’ Islande et l’Argentine en 2002.

Les autres pays feront pareil.

Cesser donc de larmoyer et agissez, rejoignez les organisations qui veulent sortir de ce bouzin construit à l’abri des peuples et contre les peuples !

* Le M’PEP
* Le PRCF
* L’ UPR

ChatquiChouine a dit…

a l’auteur
« Le taux de chômage devrait dépasser les 26% en 2014 »...pourquoi 2014 ?, il était déjà à 27.6% à la fin du mois de mai quant aux jeunes, vous écrivez qu’il pointe à 55%, vous êtes loin du compte puisque le taux de chômage des moins de 24 ans pour ce même mois de mai s’élevait à ...64.9%, vous avez bien lu, 2 sur 3 sont au chômage, d’autres chiffres disponibles dans cet article.

Ceci étant, je suis d’accord avec vos conclusions et il est important de montrer à tous ce que cette « belle » Europe peut, sans s’émouvoir ni tressaillir, contraindre à des restrictions dignes d’une économie de guerre, et tout cela sans force armée extérieure mais simplement par la subversion des élites dirigeantes du pays concerné. C’est en tout point la méthode utilisée par le FMI et la banque mondiale sur le continent africain et sud américain.
Le test grecs consiste à évaluer le niveau d’acceptation de la méthode dans un pays développé, et vu ce qui se passe dans ce pays, mais aussi au Portugal et en Espagne, celui ci semble assez « prometteur » vu de l’œil d’un banquier.
Nous voilà avertis.