22 mai 2015

Désherber son jardin avec un produit Monsanto peut devenir dangereux pour sa santé...

Roundup de MonsantoIl y a cinquante ans, un insecticide de l’entreprise américaine Monsanto, le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) était utilisé partout dans le monde jusqu’à ce que le livre “Printemps silencieux”, écrit en 1962 par le biologiste Rachel Carson, démontre qu’il était cancérigène. Une décennie plus tard, ce produit était interdit aux Etats-Unis. 

Aujourd’hui, les meilleurs spécialistes mondiaux du cancer lancent un cri d’alerte à propos d’un autre désherbant, le Roundup, fabriqué encore par Monsanto et qui est probablement cancérigène... 



Le Roundup est le nom commercial de l’herbicide produit et commercialisé par Monsanto dont l’élément de base est le glyphosate. Il est couramment utilisé comme désherbant agricole, domestique et urbain. Sur de grandes surfaces cultivées, dans les pays où cela est autorisé, il peut être diffusé par épandage aérien.

On retrouve des traces de ce produit dans les champs, les jardins, les rues, les aires de jeux d’enfants et bien sûr dans la nourriture. Près de 50% des fruits et des légumes produits par l’agriculture intensive contiennent en effet des résidus qui finissent dans nos organismes, apportés par les aliments consommés mais aussi par l’eau et l’air. De plus, son usage massif par les agriculteurs depuis la fin des années 1990 a conduit à l'apparition de mauvaises herbes résistantes au glyphosate tandis que les végétaux comestibles, les insectes de surface et la faune qui vit sous terre finissent par être détruits.

Aux Etats-Unis, une étude publiée en 2011 par l’US Geological Survey a montré que dans certaines régions, le glyphosate était présent à des niveaux mesurables dans les trois quarts des échantillons analysés d’air et d’eau de pluie.

En Colombie, le glyphosate est notamment utilisé par le gouvernement pour détruire les champs de coca produisant de la drogue. Ces actions détruisent aussi des milliers d'hectares de forêt tropicale, parfois classés réserves naturelles, comme la forêt du Putumayo, et des exploitations agricoles légales.

En France, c’est le pesticide de synthèse le plus utilisé. Il s’en est répandu plus de 8 000 tonnes en 2011, loin devant les 2 700 tonnes du deuxième fongicide le plus populaire, le mancozèbe. Selon le rapport rendu en 2010 par l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), « le glyphosate est en France le principal responsable du déclassement de la qualité des eaux »

Mais en plus de ses propriétés toxiques et irritantes déjà connues, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a publié en mars 2015 une monographie classant le glyphosate parmi les « cancérogènes probables ou possibles » pour l’Homme. Cette classification repose sur des indications limitées de cancérogénicité chez l’homme et des indications suffisantes de cancérogénicité chez l’animal de laboratoire. L’évaluation des risques a été faite à partir d’études sur les expositions agricoles menées aux États-Unis, au Canada et en Suède. Les chercheurs ont méticuleusement passé en revue des publications indépendantes, en éliminant toutes les études commanditées par les multinationales en quête d’une validation de leur produit. 

Depuis, la firme Monsanto fait tout pour que l’agence de l’OMS retire ce rapport, déclarant que le CIRC ignorait des études qui considèrent le glyphosate sans danger. Dans un communiqué, la société, basée dans le Missouri, a protesté, en termes crus, contre l’avis du CIRC et fustigé la « science poubelle » (junk science, dans le texte) de l’agence intergouvernementale. Et dans une lettre datée du 20 mars dernier, Monsanto intime même à Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS, de faire « rectifier » l’opinion du CIRC.

Certains pays ont déjà interdit le glyphosate. L’UE, les États-Unis, le Canada et le Brésil sont en train de réévaluer son autorisation. De leur côté, les Pays-Bas, le Sri Lanka et le Salvador envisagent une interdiction totale pure et simple. 

En France, deux ONG, France nature environnement (FNE) et Générations futures ont réclamé le retrait de la vente du Roundup, certaines que les experts européens et allemands ne pourront pas ignorer l’avis du CIRC, pas plus que d’autres travaux récents sur des risques autres que le cancer. 

Mais l’interdiction totale du glyphosate sera longue et difficile. La plupart du temps les autorités de réglementation s’en remettent à des évaluations réalisées par les multinationales et 58% des groupes scientifiques de l’Agence européenne de sécurité des aliments entretiennent des relations avec le secteur privé. La composition particulière par exemple du groupe d’experts « Pesticides » de l’agence allemande est significative : le tiers des membres de ce comité sont directement salariés… par des géants de l’agrochimie ou des biotechnologies !

Aujourd’hui, il faut avant tout protéger la santé des citoyens européens, s’assurer que les consommateurs ne sont pas utilisés comme cobayes et continuer le combat pour une agriculture raisonnable et durable dont le monde a besoin.

Si le glyphosate peut être nocif, il faut faire valoir le principe de précaution dès maintenant et ne pas tolérer ce produit sur nos étalages pendant encore dix ans ! 



Pétition à l'attention de M. Vytenis Andriukaitis, Commissaire européen à la santé, aux administrations responsables aux États-Unis, au Canada, au Brésil ainsi qu'aux ministres et aux autorités en charge des politiques sanitaires et environnementales

En tant que citoyens du monde entier, nous sommes inquiets d'apprendre que le glyphosate est "probablement cancérigène". Nous vous demandons d'appliquer le principe de précaution et de suspendre immédiatement l'autorisation de ce produit, que l'on retrouve dans des herbicides tels que le Roundup de Monsanto. 

Nous vous demandons également d'inclure les travaux du Centre international de recherche contre le cancer dans vos évaluations de sécurité en cours, qui doivent être transparentes, se baser sur des études indépendantes et être évaluées par des chercheurs indépendants sans conflit d'intérêts. Par ailleurs, vous devez garantir la non-exposition des personnes à ce produit tant que son innocuité n'est pas démontrée.


> Signer la pétition ICI

7 commentaires:

Marie a dit…

C'est vrai tu as raison mais si on devait tuer tous ceux qui ont commis l'erreur d'employer ces produits dont on se rend compte aujourd'hui qu'ils sont hautement nocifs, ça ferait deux fois plus de victimes. Nous étions innocents, pas informés, nous avons agi en toute bonne foi, méa culpa, car j'en suis et je milite pour arrêter ça. Demain d'autres erreurs seront mises au jour, il faut rester vigilants et prudents. Maintenant nous savons!
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grosso a dit…

Pourtant moi j’ai besoin d’un désherbant total pour enlever les mauvaises herbes devant ma maison,je ne prends pas Monsanto mais une autre marque.

cathy30 a dit…



Il faut le dire et le redire. Car beaucoup de jardiniers en herbe se servent de ces produits sans connaitre leurs nocivités. Nous sommes le bout de la chaîne.
Dans votre jardin recréer une symbiose pour les insectes, ils font le meilleur boulot du monde. Bon vous n’aurez pas votre photo dans Arts et jardins...
L’eau bouillante désherbe admirablement bien. Salée, cuisson des pommes de terre etc.

Loatse a dit…

De la sal... perie ces désherbants chimiques ! Chez nous, le bailleur a décidé de désherber les ruelles bétonnées, le macadam s’y soulevait par endroit, et le végétal tentait d’y reprendre ses droits...

Pulvérisations... les deux maisons en face de la mienne malgré des rebords de béton, y laissèrent leurs haies d’épineux qui mouriru... deuxième pulvérisation, ce fut ma vigne (une trentaine de mètres tout de même) qui rendit l’âme, puis un de mes 4 arbres, (des callistemons citrinus de 5 mètres tout de même !)

Les fruits de cette vigne servaient pendant de long mois de réfectoire aux oiseaux.jusqu’aux portes de l’hiver ou je leur mettait à disposition des boules de graisses et des graines.. Mes piafs depuis sont partis ailleurs.

Je n’ose même pas imaginer non plus le miel des abeilles qui par centaines, viennent butiner au printemps mes callistemons, (les 3 survivants sont ils sains ou vont ils aussi succomber ainsi que mes abeilles ?)

Bref ceci pour dire que l’action de ces produits ne peuvent être localisées, restreintes aux quelques petits végétaux que l’on veut détruire (en l’occurence quelques graminées) mais bien qu’ils dévastent un large périmètre..en longueur, largeur, profondeur..

Ceci pour les inconscients qui pensent ne traiter que les quelques mètres de gazon entourant leur villa !

Cette m...e a zigouillé également l’espèce de fourmis qui venait manger les pucerons de mon rosier... lequel depuis cette hécatombe est littéralement dévoré...

Je frémis à l’idée que mon chat et mon chien, en se purgeant dans mon jardin jadis sain, boulottent des herbes empoisonnées....

et nous ne buvons plus que de l’eau de source conscients que la pratique généralisée de ces herbicides affectent ou affecteront inévitablement les nappes phréatiques....

ces firmes feraient mieux d’orienter leurs recherches vers des produits inoffensifs pour l’environnement... A quoi leur servira leur argent si les abeilles disparaissent, si les sols et les nappes phréatiques sont polluées et que par voie de conséquences, leurs enfants et petits enfants en soient également affectés ?

Ce n’est pas une question de marques..

Fifi Brind_acier a dit…

Les choses ne vont pas s’arranger...Les décisions qui concernent l’agriculture ne dépendent plus des Etats, mais font partie des « Compétences exclusives de l’ UE ».

La Commission européenne, cernée par les lobbies de l’agrochimie et de l’agriculture intensive, a baissé les seuils des résidus de pesticides de +10 à + 40%. Rendements obligent. Bon appétit !

D’après un article du Guardian, la Commission aurait renoncé à interdire 31 pesticides, pour faciliter les négociations de TAFTA....

Si vous viviez dans un pays indépendant, où existerait le referendum d’initiative populaire, voteriez-vous l’interdiction des pesticides et des OGM ? Oui, probablement et plutôt deux fois qu’une...

C’est ce que propose l’ UPR. Les citoyens pourront donner leur avis par referendum, après la sortie de ce bouzin européen où les lobbies font la loi : sur les OGM, sur les pesticides, sur l’agriculture industrielle, sur les médicaments etc. Bref sur tout ce qui concerne votre santé.

Mais comme nous vivons dans une colonie des USA, on ne vous demande pas votre avis.
Ni sur les pesticides, ni sur TAFTA.

smilodon a dit…

@ l’auteur :

Monsanto à créé « l’agent orange », comme IG Farben avait crée le Zyklon-B. Ces « sociétés » vendent des produits qui tuent les mauvaises herbes, les mauvais insectes et à peu près tout ce qui pousse, qui marche, qui nage, vole et respire !.... Mais elles vendent aussi les médicaments qui permettent de sauver tout ce petit monde !.... Si on a les sous !... Elles sont souvent liées entre elles, vu que ce n’est qu’une histoire de gros sous. Ce serait bien long à développer ici. Mais j’ai tellement lu de choses sur ce « monde-là » !.... En fait ils sont tous liés à un moment ou à un autre....Les financiers, les politiques, les « industriels » !... IG farben est devenue BASF, BAYER (pour les plus connues)..... Les « boss » ont été jugés à Nuremberg ??.. Et non !... Après ils ont même produits de l’aspirine et des médocs pour les dépressifs !... Pour se faire pardonner peut-être !..... Ces « sociétés » sont une des pièces du « pouvoir ». A un niveau mondial. Elles font ce qu’elles veulent !..... Faut juste comprendre que le « pouvoir » est constitué de « gens » qui n’ont pas obligatoirement grand chose en commun. Si ce n’est l’ARGENT !.... Tout est tellement imbriqué !.... Et « tout » n’a pas commencé hier !..... Y’en aurait des choses à découvrir, si on voulait se creuser un peu les méninges !...... Mais le veut-on vraiment ???? A notre tout petit niveau, sommes-nous même assez « tordus » pour y comprendre quoi que ce soit ???..... Même moi qui suis curieux de nature, j’y perd mon latin !.... Qui parle encore du « chlordècone » ?? Qui sait même ce que c’est ????... Elle sont bonnes les bananes des antilles, Non ??? .... Après tout les sols de là-bas ne sont contaminés que 3 ou 400 ans encore. Ca passera vite. C’est déjà passé presque. Allez. Bonda piti . Adishatz.

sirocco a dit…

Si le glyphosate peut être nocif, il faut faire valoir le principe de précaution dès maintenant et ne pas tolérer ce produit sur nos étalages pendant encore dix ans !"

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C’est bien joli ce que vous dites mais les moyens que vous envisagez pour y parvenir sont irréalistes. Dans ce domaine, le gouvernement français se plie aux contraintes de Bruxelles. Et la Commission européenne - j’espère que chacun en a conscience maintenant - est vendue aux multinationales. La situation sera encore plus désespérée dans quelques mois quand on nous aura imposé le TAFTA et placé sous la tutelle des lois commerciales américaines.

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Les manifs, les pétitions, les gesticulations de tel(le) ou tel(le) élu(e), on voit bien que ça ne sert pas à grand chose, le gouvernement s’en fiche, il fait ce qu’il veut. La seule chose qu’il comprenne, c’est l’épreuve de force, la résistance physique, les actions de commando. Ceux qui s’opposent ici à la réalisation d’un barrage, là à la construction d’un nouvel aéroport ne s’y trompent pas. Si on veut lutter contre le glyphosate cancérigène et contre la déferlante des OGM qui vont avec et qui annoncent la mort de l’agriculture indépendante, on n’a pas d’autre choix que de devenir violents. Les premiers résistants nous ont montré la voie avec le fauchage des premiers champs transgéniques. Il est temps de passer à la vitesse supérieure en sortant le feu et la hache.

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Pour être efficace, il faut s’en prendre directement aux vendeurs de semences OGM et aux vendeurs de pesticides (ce sont souvent les mêmes). Il faut saccager leurs commerces, mettre le feu à leurs entrepôts. Où qu’ils se trouvent, il faut les contraindre à jeter l’éponge et à fermer boutique. Il faut obliger le gouvernement à placer une escouade de flics en faction devant tous ces vendeurs de mort. Si la lutte n’est pas à ce point violente, il n’y aura pas de lutte et nous serons vaincus d’avance. Reste à mettre en place un ou plusieurs sites sur lesquels chacun pourra donner des informations sur la localisation de ces revendeurs de semences transgéniques et de Roundup. Cela fait "chasse aux sorcières", c’est sûr, mais c’est la seule façon de ne pas en être réduits, à brève échéance, à ne plus trouver que des OGM dans nos assiettes.