1 janvier 2017

Retour sur 2016 et bonne année 2017

L’année 2016 qui s’achève a vu la fin d’un long suspense. En annonçant sa décision de ne pas se représenter en 2017 pour un second mandat, François Hollande est entré malgré lui dans l’histoire de la 5ème République en étant le seul président depuis 1958 à avoir renoncé à une possible réélection.

Dernière année pleine du quinquennat, l'année 2016 n'aura pas fait exemption à la règle hollandaise. D'un côté quelques réformes sociétales par-ci par-là et de l’autre l’absence de vraies réformes économiques et sociales, voire le vote de « réformes » que la droite n’avait pas osé faire jusqu’alors, le tout sur une valse de premiers ministres, ministres et secrétaires d’état successifs...



Depuis le début du quinquennat, les domaines où règnent archaïsme et injustice sociale ne manquaient pourtant pas : institutions à caractère monarchique, mode d'élection anti-démocratique de l’Assemblée nationale, colossal mille-feuille administratif, escroquerie tolérée de la dette publique, chômage de masse, érosion du pouvoir d’achat, fiscalité injuste, désengagement tous azimuts de l’Etat, mode de financement archaïque de la Sécurité sociale, etc.

Parmi les réformes importantes qu’il fallait mettre en œuvre dès 2012 figurait notamment celle de la fiscalité car c’était là pratiquement le seul moyen de réduire les injustices et les inégalités sociales mais François Hollande n'a pas voulu utiliser ce levier essentiel.

- Adieu à un retour à une réelle progressivité de l‘impôt sur le revenu (IR). Dès lors que le nombre de tranches comme l’éventail des taux ont été réduits et resserrés vers le bas, notamment par Laurent Fabius, ministre des finances en 2000, l’IR n’est plus calculé en fonction des « facultés » de chacun. Le simple rétablissement de quatorze tranches d'imposition telles qu'elles existaient au début des années 1980 aurait permis de rétablir une réelle progressivité de l'IR et de dégager des recettes bien supérieures à celles rapportées chaque année (75 milliards d'euros en 2015).

- Adieu à une réduction drastique des 453 niches fiscales existantes. Les recettes fiscales perdues à cause de ces niches sont supérieures au produit même de l'IR payé par les particuliers ! On a même appris d'après un rapport de la cour des comptes, réalisé sous le magistère de feu Philippe Séguin, que celles-ci représentaient, par exemple pour l’année 2009, 146 milliards d'euros ! Une situation d'autant plus surréaliste qu'avec la récupération de ces sommes, on réglerait une fois pour toutes les intérêts annuels de la dette de la France et il en resterait encore une partie pour régler la dette elle-même.

- Adieu à un changement de la fiscalité locale qui varie d’un montant de 1 à 4 suivant les régions et dont les bases de calcul sont totalement archaïques car elles datent de 1961 (taxe foncière) et de 1970 (taxe d’habitation). De plus, le montant à payer pour les contribuables ne dépend guère du revenu fiscal déclaré, sauf pour les personnes qui ont des difficultés sociales graves et qui bénéficient d’exonérations partielles ou totales. Ainsi, comme le souligne la cour des comptes, « les ménages modestes ou moyens subissent proportionnellement un prélèvement plus lourd que les ménages les plus aisés ». En 2014, son poids total était de 75,9 milliards d’euros !

- Adieu à une baisse de la fiscalité indirecte en augmentation constante depuis des années et qui frappe de la même façon les familles riches comme les familles pauvres. Les impôts indirects (TVA, TIPP, forfaits hospitaliers, franchises médicales, taxes diverses, etc.) ont ainsi pris une part démesurée dans le budget de l'Etat (environ 65% des recettes fiscales). Un record qui fait de notre pays l’un des plus inégalitaires du monde occidental car d’après toutes les études, y compris celle des statisticiens du ministère des Finances, la charge des impôts indirects devient relativement moins lourde au fur et à mesure que le contribuable est plus aisé.

- Adieu également au combat contre l’escroquerie de la dette publique. Estimée par l'Insee, elle a dépassé officiellement les 2 000 milliards € au deuxième trimestre 2014 pour s’établir fin décembre 2016 à 2 177 milliards € (+ 2 665 € de plus chaque seconde). Si l’on revenait à la situation d’avant 1973 où l’Etat empruntait directement à la Banque de France à taux zéro pour financer son déficit, il n’y aurait plus de problème de dette. Un calcul précis révèle que de 1980 à 2008, elle a augmenté de 1088 milliards €, les intérêts payés se montant à 1306 milliards € ! Sans les intérêts encaissés par les banques et tous les financiers privés, la dette publique française se serait élevée, fin 2008, à 21,4 milliards € au lieu de 1327,1 milliards € ! 

- Adieu enfin à une Europe au service des peuples. Avec un européisme béat et une ouverture des frontières à une mondialisation qui met la France en concurrence sauvage avec des pays le plus souvent dépourvus de droits sociaux, la France reste sans protection tarifaire, contrairement à la plupart des pays du monde. Les entreprises françaises continuent ainsi à péricliter ou s’exilent dans des pays tiers où la main d’œuvre est peu onéreuse. 


Mais la force de la République réside plus dans ses principes et la capacité de réaction de ses citoyens que dans l'information tronquée diffusée par la majorité, l'opposition et nos " éminents " journalistes politiques et économiques qui professent à longueur d'année sur les stations radio et chaînes TV d’information.

Redonner des perspectives d’action crédibles à l’ensemble du monde du travail pour faire face à la situation sociale, écologique et démocratique que nous vivons, tel est ce que l’on peut souhaiter de mieux pour l’année qui s’annonce.

A toutes et tous, meilleurs pour 2017, que cette nouvelle année vous apporte bonheur, santé, succès personnel et professionnel !






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